Digestion ou absorption là est la question – partie 1

Digestion ou absorption là est la question – partie 1

Notre digestion ne nous préoccupe que quand elle nous pose des problèmes. Peut-être faites-vous partie de ces personnes qui mangent sans y penser, parce qu’elles ont faim ou par convention, et tant que « ça passe », vous avez des sujets plus intéressants sur lesquels porter votre attention.

Une petite indigestion par-ci par là, ce n’est pas bien grave, pensez vous !

Qui se soucie, après avoir avalé son steak ou sa tarte aux pommes, de ce qu’il en advient au niveau de son iléon* ?

Pourtant, comme je l’ai souvent énoncé, ce n’est pas parce qu’on le digère qu’on le tolère et j’ajouterai qu’on l’absorbe.

On peut très bien digérer des aliments sans pour autant en absorber les nutriments essentiels.

Je vais tenter de vous expliquer la distinction entre la digestion et l’absorption.

 

DIGESTION ET ABSORPTION

 

La digestion est le processus par lequel les molécules organiquessont rompues ou réduites pour être rendues absorbables par le tube digestif.

L’absorption est le processus par lequel les produits de la digestion, les vitamines, les minéraux et l’eau traversent la barrière digestive.

Chez les animaux n’ayant qu’un estomac, l’Homme en fait partie, les glucides représentent une part importante de leur apport énergétique. Chez l’Homme, le principal glucide est représenté par l’amidon. Chez les animaux herbivores, le principal glucide est la cellulose. S’y ajoutent pour toutes les espèces, quelques oligosaccharides. Selon la structure chimique de ces différentes substances, la digestion se fera soit directement par les enzymes de l’individu, soit par fermentation bactérienne, en ce qui concerne les herbivores. Les produits terminaux de la digestion des glucides chez l’Homme, sont des monosaccharides comme le glucose, le galactose et le fructose, qui sont des molécules absorbables par le tube digestif.

Les enzymes digestives, pour digérer les glucides, doivent passer par un feu digestif, qu’on appelle l’hydrolyse, c’est-à-dire la capture de l’eau. L’hydrolyse est une réaction spontanée mais qui est très lente et qui est accélérée grâce aux enzymes. Les enzymes sont toutes des protéines On les reconnaît par leur nom qui se termine en « ase ».

Nos enzymes ne sont pas capables de s’attaquer à la cellulose contrairement aux vaches qui elles, le peuvent grâce à leurs bactéries spécialisées.

Pour être digérée, la cellulose doit obligatoirement passer par une phase de fermentation microbienne, car seules ces bactéries possèdent une faculté enzymatique capable d’hydrolyser ces glucides appelés cellulose.

Nous avons dans la bouche une enzyme salivaire appelée amylase qui est produite par les glandes salivaires et qui agit sur le bol alimentaire en commençant la digestion de l’amidon. Je vous ai expliqué précédemment l’importance d’une bonne mastication. Outre le fait qu’elle contribue à réduire en bouillie les aliments que nous mâchons, l’imprégnation salivaire est primordiale à ce niveau car notre tube digestif répond à une loi implacable : la loi du maillon faible. Il suffit qu’un maillon manque dans tout le processus digestif pour qu’une cascade de fonctionnements biologiques ne puisse se faire.

 

Le chien lui, ne possède pas d’enzymes salivaires et s’il avale tout rond, cela ne lui posera pas de problème car ces enzymes digestives sont spécifiques et beaucoup plus concentrées que les nôtres. Je vous déconseille toutefois de leur donner du pain ou des céréales car leur tube digestif n’est pas conçu pour digérer de tels aliments.

Il y a l’amylase pancréatique qui transforme les polysaccharides en oligosaccharides plus facilement absorbables.

Une autre enzyme, la saccharase, sera active dans une partie spéciale de l’intestin grêle (appelé le jéjunum et l’iléon)et transformera les sucres complexes en glucose et en fructose.

Chez les ruminants, cette enzyme est absente. On voit les conséquences que cela peut avoir en nourrissant les vaches avec des ensilages riches en sucres complexes !

 

Parlons du lactose

lactose

Pour digérer le lactose il faut être outillé d’une enzyme appelée lactase qui est située dans le duodénum et le jéjunum. Elle décompose le lactose en glucose et en galactose.

Les nouveau-nés digèrent facilement le lait et sont capables de digérer le lactose car ils possèdent la lactase en forte concentration. Cependant ils ne savent pas tirer profit des autres glucides. Il est fortement déconseillé de donner autre chose que du lait maternel aux enfants pendant les premiers mois de vie. Il est inutile d’ajouter du sucre à un lait maternisé étant donné que l’enfant ne saura pas le métaboliser.

Quelques mois après, la lactase diminue très rapidement pour disparaître à l’âge adulte. On observe une chute de la lactase de 90 % les quatre premières années de la vie.

Il y a pourtant des exceptions, car certaines populations humaines continuent à sécréter de la lactase et peuvent continuer de digérer normalement le lait frais toute leur vie

Cette capacité est liée à une mutation sur leur chromosome 2, survenue d’après les études, il y a environ 4000 ans avant J.-C.

Aussi, un grand nombre d’Européens pourrait ainsi ingérer du lait à l’âge adulte sans trop en souffrir alors que certaines populations sont devenues totalement intolérantes au lactose comme les Chinois et les Indiens d’Amérique.

Si vous êtes intolérant au lactose, vous devrez veillez, bien entendu à ne pas en consommer, mais également à vous méfier d’un grand nombre de médicaments et de granules homéopathiques qui en contiennent ! Seuls certains laboratoires homéopathiques suisses et belges ne sont pas fabriqués sur support de lactose…

 

Comme vous le voyez, nul n’est égal face à son alimentation. Je vous expliquerai dans ma prochaine lettre les processus de digestion et d’absorption des protéines et vous révélerai les facteurs limitant à leur bonne absorption.

Je vous souhaite une belle ascension !

 

Marion KAPLAN

 

*L’iléon correspond à la troisième et dernière partie de l’intestin grêle, suivi par le jéjunum et qui se prolonge par la première partie du côlon, le cæcum. Sa fonction est de continuer l’absorption des nutriments, notamment de l’eau, de la vitamine B12, des électrolytes (potassiumsodium…), et des sels biliaires, grâce aux villosités et microvillosités.

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