Soja : bon ou mauvais ?

Le soja fait souvent polémique.

Est-il bon ou mauvais pour notre santé ?

Réponse dans cet article de Marion KAPLAN :

soja tofu bon ou mauvais

Petite histoire du soja

Le soja (Glycine max) serait cultivé et consommé en Chine depuis le Mésolithique, c’est-à-dire environ 9 000 ans av. J.-C. D’ailleurs, il y est devenu l’un des cinq grains sacrés (mu-ku) avec le riz, l’orge, le blé et le millet. Il a ensuite essaimé au Japon puis dans toute l’Asie vers 1 400 av. J.-C.

En chine, vers 160 av. J.-C., on apprend à coaguler le lait du soja pour en faire du tofu qui entre alors dans le régime des moines taoïstes végétariens. L’Europe découvre le soja en même temps que l’acupuncture, en 1712. La sauce de soja, ainsi que d’autres produits dérivés des « pois jaunes », n’est introduite à Paris que vers 1910, par des résidents chinois. C’est le début, en France, de la consommation du soja sous toutes ses formes : lait, sauce, tofu, crème, huile, confiture…

Le soja a connu un regain d’intérêt en même temps que le végétarisme et le végétalisme car ses protéines riches en acides aminés sont les seules qui puissent remplacer celles des animaux. Il représente, comme le lait, le blé et le sucre, une ressource économique importante dans le monde entier car il est riche en protéines, en fibres et en huile assimilables par l’être humain. Il intéresse d’ailleurs tant l’IAA qu’aujourd’hui, plus de 70 % du soja cultivé dans le monde a été génétiquement modifié pour augmenter sa productivité…

Ce soja OGM destiné à la consommation humaine et animale a été modifié pour tolérer l’herbicide utilisé dans le RoundUp de Monsanto (glyphosate), ainsi que pour produire une toxine qui tue la pyrale, un insecte ravageur. Il est donc non seulement génétiquement modifié mais aussi source de pollution phytosanitaire. Pourtant, en 2016, la Cour de Justice européenne, dont la politique est de plus en plus laxiste concernant les organismes génétiquement modifiés, a rejeté le recours de trois ONG qui contestaient l’autorisation de la mise sur le marché du soja OGM en Europe et demandaient le réexamen de son autorisation de commercialisation. Heureusement, en France, la culture du soja OGM est encore interdite, mais elle est autorisée dans cinq pays européens : l’Espagne, le Portugal, la Slovaquie, la République Tchèque et la Roumanie. Vous devez donc vérifier les étiquettes des produits au soja que vous achetez si vous ne voulez pas consommer ces OGM. Le problème est que le soja n’y est mentionné que lorsque sa teneur dépasse 0,9 % de la denrée en question.

agriculture soja

Un risque d’allergie

Le soja est un allergène à déclaration obligatoire (ADO) qui concerne environ 7 à 14 % des enfants et 3 % des adultes. Ce sont ses protéines qui sont en cause.

Le soja ne peut être consommé s’il n’a pas d’abord été traité industriellement. Ces traitements varient selon le produit fini qu’on souhaite obtenir. Tous ces traitements modifient la structure et la fonction de ses protéines et les rendent plus ou moins allergènes. Seuls les produits fermentés du soja (miso, shoyu ou sauce de soja) n’en contiennent plus car leurs protéines ont été totalement hydrolysées par les protéinases des micro-organismes utilisés.

En cas d’allergies, les organes touchés sont les poumons, le système digestif et la peau. Les réactions se manifestent jusqu’à deux heures après l’ingestion. Les enfants et les adultes allergiques au lait de vache sont plus susceptibles que les autres de le devenir au soja.

On trouve du soja caché un peu partout dans l’alimentation, par exemple dans les viandes préparées, les produits crémiers, les produits de boulangerie, les produits céréaliers et les laits pour bébés. Il y en a aussi dans les crèmes pour bébés, dans les huiles de massages, les bains moussants… Il faut en tenir compte car la peau (surtout celle des bébés qui est très fine et vulnérable) a une très bonne capacité d’absorption.

Un effet acidifiant

Les aliments acidifiants sont ceux qui libèrent des métabolites acides lors de leur transformation dans le tube digestif et de leur utilisation dans les cellules. Ils n’ont pas que des effets nocifs (la santé repose sur un bon équilibre entre les acides et les bases), mais le problème est qu’ils s’ajoutent à d’autres facteurs acidifiants comme le mode de vie actuel, la pollution, la sous-oxygénation, la sédentarité (ou à l’inverse l’excès de sport), le stress et les aliments transformés. Le soja est effectivement acidifiant, et d’autant plus qu’on l’absorbe sans le savoir dans de nombreux produits et aliments courants. Or, les conséquences de l’acidification sur la santé sont sérieuses.

L’organisme doit tout mettre en œuvre pour maintenir un pH du sang et des cellules de 7,4. Et pour ce faire, il utilise des minéraux pour neutraliser les acides. S’il ne les trouve pas dans l’alimentation (qui de nos jours devient de plus en plus acide), il doit puiser dans les réserves du corps, principalement les os. L’acidification est donc une des premières causes de l’ostéoporose et de la réduction de la masse osseuse. Mais l’épuisement des capacités du corps à neutraliser un apport d’acides entraîne aussi de l’obésité, du cholestérol, de l’hypertension, une perte de magnésium, de la goutte, un syndrome métabolique (accroissement du risque de développer un diabète de type 2, un AVC et une maladie cardiaque), des troubles de l’humeur…

Le maintien d’un bon équilibre acido-basique ne peut donc pas s’accommoder de la consommation régulière et excessive de soja.

organisme génétiquement modifié

Un effet œstrogénique

Un bon régime alimentaire doit éviter la consommation de soja et de ses dérivés car des études récentes ont montré son implication dans certaines maladies auto-immunes, son action œstrogénique se substituant aux hormones naturelles.

Le soja contient effectivement beaucoup plus de phyto-œstrogènes (sous la forme d’isoflavones) que toutes les autres plantes comestibles. À ce titre, il est considéré comme un alicament. Or, ces isoflavones sont des perturbateurs endocriniens qui sont aujourd’hui soupçonnés d’aggraver les cancers hormonodépendants (sein, utérus, prostate, ovaires), mais aussi de perturber le développement des organes sexuels ainsi que la fertilité, et de provoquer des problèmes de la thyroïde et des os chez certains enfants.

Les autorités sanitaires (Anses) déconseillent donc le soja et ses dérivés (tofu, miso, lait de soja) chez les femmes enceintes ou allaitantes, chez les petits enfants et chez les femmes qui ont des antécédents personnels ou familiaux de cancer. Et elles recommandent, dans tous les autres cas, de consommer le soja avec modération.

Attention, aussi, à ne surtout pas faire l’erreur de passer à une alimentation riche en soja lorsqu’on est allergique au lait de vache.

Le soja est très présent dans les magasins bio qui essaient de proposer une alimentation convenant aux végétariens et aux végétaliens. Cela part d’une bonne intention, mais je vous recommande beaucoup de prudence et de modération. Tournez-vous plutôt vers d’autres sources de protéines végétales comme les légumineuses (haricots, lentilles pois chiches), les légumes (brocolis, épinards, chou kale, chou-fleur, ail), les céréales (riz complet, avoine) ou équivalent (quinoa, sarrasin, châtaigne, manioc). Il vaut mieux éviter le maïs, bien protéiné, mais dont l’index glycémique est trop élevé, et les arachides qui sont aussi riches en acide phytique déminéralisant que le soja. Les oléagineux sont également riches en protéines (les amandes, les noix de toutes sortes), ainsi que le persil et la spiruline.

Conclusion : Le soja est bon pour la santé à condition de le consommer avec modération de préférence sous forme fermenté, accompagné de beaucoup de légumes crus et cuits à la vapeur douce pour équilibrer le PH.

Marion KAPLAN

Pour aller plus loin : 

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Soja – Ami ou ennemi de notre santé ? Kaayla T. Daniel

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