8 / 01 / 2026

Hyper Santé : comment atteindre la forme, la santé et la longévité en en faisant moins mais mieux

Biohacking ou l’art d’optimiser son corps et son esprit sans effort

Vivre plus longtemps en bonne santé et en forme, tant physique que mentale, sans suivre de régimes sévères, suer sang et eau durant des heures à l’entraînement, ni viser la performance à tout prix, bref sans effort, c’est possible, selon Dave Asprey pionnier et figure de proue du biohacking moderne. Dans son dernier ouvrage « Hyper Santé »1, il nous explique pourquoi les programmes habituels ne marchent pas et nous livre comment révéler la meilleure version de nous-même.



En quelques mots

Mouvement qui nous vient d’outre-Atlantique, le biohacking est un mot qui vient de « biology », pour biologie, et « hacking », c’est-à-dire piratage, modification d’un système, afin d’en améliorer le fonctionnement. Le « hack » appliqué au corps humain, c’est « pirater sa biologie » pour améliorer sa santé, ses performances physiques et mentales, voire prolonger la vie.

Le biohacking se définit comme l’art d’optimiser son corps et son esprit à l’aide de la science, de la technologie et de l’auto-expérimentation : mesurer, modifier, observer et recommencer.

En quoi consiste ce « piratage biologique » et pourquoi en aurait-on besoin ?


L’état de paresse biologique

Si les régimes sévères, les nombreuses heures d’entraînements et la performance à tout prix n’ont pas les résultats escomptés, c’est tout bonnement parce qu’ils entrent en conflit direct avec notre programme biologique ancestral dont la priorité des priorités est d’économiser l’énergie et ne pas dépenser plus que nécessaire. Une question de survie. Il privilégie donc la sécurité immédiate plutôt que la prise de risque, la conservation d’énergie plutôt que l’effort, et la recherche du confort et la récompense rapide plutôt que la discipline à long terme. Ce réflexe ancestral, Dave Asprey le nomme état de paresse (lazy state) biologique, pas au sens de flemme morale ou de défaut mental, mais de « biais » biologique.

Ces réflexes immémoriaux de survie nous furent certes très utiles au cours de nos temps préhistoriques, mais sont devenus aujourd’hui obsolètes, où l’on survit mais on ne s’épanouit pas, et contre-productifs. En effet, nous explique l’auteur. ils nous poussent à éviter l’effort, à rester passif ou stressé, à procrastiner, à manger trop ou mal, à éviter les défis difficiles, qui consomment de l’énergie. Bref, à rester dans une zone de confort chronique qui nous empêche d’atteindre notre plein potentiel, de devenir la meilleure version de nous-même.

Cette « routine » qui s’exécute de manière automatique sans même qu’on en ait conscience, Dave Asprey l’apparente au système d’exploitation de notre corps : notre MeatOS (système d’exploitation de la chair humaine, plus élégant que « viande » qui est la traduction française de « meat »…). Tout comme le système d’exploitation de l’ordinateur effectue de nombreuses taches invisibles, y compris pour les applications utilisées, notre MeatOS fonctionne en arrière-plan en permanence et désigne l’ensemble des fonctions biologiques automatiques, subconscientes et « par défaut » qui permettent à notre organisme de fonctionner et survivre ; des fonctions non soumises au contrôle volontaire comme la respiration, la digestion, la régulation hormonale ou encore la gestion de l’énergie, mais aussi les « pilotes » de survie qui poussent à économiser l’énergie (survivre avec le minimum d’effort), éviter le danger, conserver le maximum de ressources.

Pour rester dans l’analogie avec l’ordinateur, tout comme on peut hacker, pirater, son système d’exploitation pour améliorer son fonctionnement, l’optimiser, on peut faire de même avec notre MeatOS, non en travaillant plus dur, mais plus intelligemment. « Not harder, but smarter ».


Chi va piano va sano e va lantano

Qui va doucement, va sûrement et plus loin… L’idée n’est donc pas de lutter contre notre meatOS, mais de le « rediriger », le « reprogrammer » pour le faire travailler pour nous, pas contre nous, ce en lui envoyant les bons signaux. Une collaboration avec notre corps où on l’aide à faire ce qu’il veut déjà faire (survivre), mais en l’orientant vers ce que nous voulons : optimiser, performer, prolonger.

Il existe cinq grands domaines principaux que l’on peut choisir de contrôler, donc améliorer, et mieux optimiser : la force, la forme cardiovasculaire, l’énergie et le métabolisme, les fonctions cérébrales et la résistance au stress. Quand on agit sur l’un d’eux, les autres se synchronisent. Différentes stratégies permettent de les cibler, dont voici quelques exemples.


Bichonner nos mitochondries pour plus d’énergie, de concentration… et de jeunesse

Tout d’abord, il nous faut prendre soin de nos mitochondries (Voyage en mitochondries 1 et 2). La bonne santé mitochondriale, c’est le secret de la longévité, selon Dave Asprey. En protégeant nos mitochondries, on acquiert plus d’énergie, une meilleure concentration et un ralentissement du vieillissement cellulaire.

Protéger nos mitochondries, c’est leur apporter les bons gras - huile MCT, avocat, ghee, poissons gras -, éviter les huiles végétales raffinées (canola, soja, tournesol) comme nous l’avons vu dans un précédent article (Comment les huiles végétales détruisent notre santé et comment la retrouver), et gérer le stress oxydatif avec la vitamine C, le glutathion, le Coenzyme Q10 et les polyphénols. Pour plus de détails sur la meilleure façon de nourrir nos petites usines énergétiques, voir notre article « Les nutriments essentiels de nos mitochondries ».


Optimiser son sommeil, moteur de régénération et de détoxication cérébrale

Beaucoup de choses se passent à l’intérieur de notre corps quand nous dormons. Ce n’est pas pour rien que le sommeil nous est essentiel : c’est un impératif biologique. Sans sommeil, on meurt. Outre garantir un bon système immunitaire et la sécrétion de certaines hormones (entre autres nombreuses fonctions), il permet au système d’évacuation des déchets de notre système nerveux d’œuvrer : le système glymphatique. Ce système est un réseau de nettoyage qui élimine les déchets et toxines grâce à la circulation du liquide céphalorachidien le long des vaisseaux sanguins, surtout pendant le sommeil.

Pour un sommeil optimisé, il est essentiel d’éteindre tous les écrans au moins une heure avant le coucher : la lumière bleue retarde la sécrétion de mélatonine, condition à l’entrée dans le sommeil. La chambre doit être fraîche : (17-19°), car la chute de la température de notre corps (de 1 à 1,5°c) est nécessaire à l’endormissement. La chambre doit aussi baigner dans l’obscurité. Pour ce faire, on peut utiliser des rideaux occultants pour bloquer la lumière parasite. Et elle doit enfin être silencieuse.

On assurera aussi les conditions d’un bon sommeil en évitant les repas et l’alcool trois heures avant le coucher. Pour rappel, un bon microbiote favorise un sommeil de qualité comme nous l’avons déjà vu ensemble (Un bon microbiote pour un sommeil de qualité).

Il est important également, pour un sommeil optimisé, de s’exposer à la lumière naturelle dans la journée afin de calibrer le rythme circadien.


Adopter une alimentation anti-inflammatoire

Si ce n’est déjà fait (depuis le temps que nous en parlons !), il est indispensable d’adopter une alimentation anti-inflammatoire, en mangeant des aliments anti-inflammatoires tels que les légumes verts, les graisses saines, les viandes et poissons de qualité, de réduire (voire bannir, idéalement) les sucres, les farines, les huiles industrielles, le gluten et les produits ultra-transformés, et d’agrémenter vos petits plats faits maison d’épices antioxydantes comme le curcuma et le gingembre.


Pratiquer le jeûne intermittent pour activer le nettoyage cellulaire

Dave Asprey est un grand défenseur de l’alimentation dans une fenêtre restreinte (« time-restricted eating »). Lui-même pratique le 16 :8, c’est-à-dire le jeûne pendant 16 heures, et l’alimentation concentrée dans une fenêtre de de 8 heures. Il existe d’autres types de jeûne intermittent, parmi lesquels vous trouverez celui qui vous convient le mieux.

Le jeûne intermittent présente de nombreux bénéfices pour la santé. Il améliore, notamment, la sensibilité à l’insuline, permet le nettoyage cellulaire (grâce à l’autophagie) et une clarté mentale retrouvée.

S’exposer au froid et à la chaleur pour stimuler la résilience cellulaire

« Stresse ton corps et il deviendra plus fort ». C’est le principe biologique d’hormèse ou stress adaptatif, un phénomène qui désigne la réponse adaptative positive de l’organisme à un stress modéré et contrôlé.

La courbe d’hormèse ressemble à un U inversé. Trop peu de stress affaiblit : le corps devient paresseux. Trop de stress détruit : burn-out, inflammation, vieillissement accéléré. Entre les deux, un stress modéré et bref renforce : le corps s’adapte2. Il doit toujours être suivi de récupération : le bénéfice pour le corps vient autant du stress que de la récupération.

Voici quelques exemples de stress modéré et bref et leurs effets, avec la récupération qui s’en suit.

L’exposition au froid, d’une durée courte (1-3 minutes), active les mitochondries et renforce la résistance au stress. Elle sera suivie d’un réchauffement progressif.

L’exposition à la chaleur (sauna, hammam), d’une durée de 15-20 minutes, stimule la détoxification et les protéines de choc thermique. Elle sera suivie d’une bonne hydratation et de repos.

Le jeûne intermittent, d’une durée de 14-16 heures, active l’autophagie, comme nous l’avons, sera suivi d’une alimentation propre.

L’exercice intense, dit HIIT (entraînement fractionné de haute intensité), d’une durée de 20-30 minutes, améliore les hormones et la densité mitochondriale. En d’autres termes, les mitochondries « faibles » meurent et les « fortes » se multiplient. Il sera suivi d’un bon sommeil et d’une bonne nutrition.

Enfin, la respiration contrôlée, lente et profonde (4-7-8 cohérence cardiaque) et la méditation (au quotidien, 10 minutes par jour) calme le système nerveux et améliore le cortisol.

Ces micro-stress, suivis d’une récupération adaptée (sommeil, nutrition, repos), déclenchent un phénomène de surcompensation biologique : le corps revient plus fort qu’avant. C’est le principe même de l’évolution : s’adapter pour survivre.


Supplémenter notre MeatOS

Aux différentes stratégies livrées par Dave Asprey tout au long de son livre, il ajoute la supplémentation car, souligne-t-il, même si nous évitons les aliments à risque et que nous ne consommons que de bonnes choses, nous ne disposerons pas de tout ce dont nous avons besoin pour optimiser notre biologie et faire fonctionner nos mitochondries à plein régime.

Il recommande donc de supplémenter notre MeatOS en vitamines D3, A, K et E qui agissent en synergie, ainsi qu’en herbes et épices comme le curcuma, le ginseng sibérien, la cannelle, le safran, le basilic sacré, la rhodiola rosea ou encore la sauge, sans oublier bien sûr l’ashwagandha, l’un des adaptogènes les plus courants pour favoriser un état de calme. Comme des études l’ont montré, elle diminue l’anxiété, le stress, le taux de protéine C-réactive et le taux de cortisol. Elle est bonne aussi pour la mémoire.

Pour nourrir de façon optimale notre microbiote que Dave Asprey nous invite à considérer comme une extension de notre MeatOS, mais faisant partie du même réseau, on apportera le trio gagnant prébiotiques-probiotiques – postbiotiques.

Pour faire fonctionner nos mitochondries à plein régime, l’auteur préconise le Pyrroloquinoléine quinone (PQQ), le Coenzyme Q10, l’oxaloacétate et l’acétyl L-carnitine en compléments.

Afin de recharger nos réserves en minéraux, les « superstars biochimiques qui préparent notre MeatOS à une mise à niveau importante », Dave Asprey recommande de se supplémenter en calcium, magnésium, potassium et sodium, qui travaillent ensemble pour maintenir l’équilibre des fluides corporels et veiller à ce que les nerfs transmettent correctement les impulsions. Quant aux oligo-éléments, indispensables pour permettre à notre organisme de produire de l’énergie, il s’agira de se complémenter en cuivre, zinc, iode, fer, manganèse, molybdène et sélénium.


Pour conclure

Ce type de biohacking, qui vise à renforcer ce qui fonctionne déjà dans le corps afin de prolonger les années vécues en pleine capacité, tant mentale que physique, présente l’intérêt d’être finalement accessible à tous puisqu’il est basé sur des changements d’habitude intégrant alimentation optimisée, sommeil et récupération, gestion du stress, etc. Qui sont d’ailleurs autant de sujets dont nous soulignons l’importance depuis plusieurs années ici. Il est le plus courant, c’est le biohacking lifestyle ou « soft ».

Quand le « soft »vise à mieux se sentir, mieux vieillir, être plus performant, un autre grand type de biohacking dit technologique vise à repousser les limites physiques ou cognitives humaines, en intégrant la technologie dans ou sur le corps : implants sous-cutanés (par exemple des puces NFC pour ouvrir une porte ou stocker des données), capteurs de glucose en continu, photomodulation (lumière rouge infrarouge), neuro-stimulation, exosquelettes, etc Le troisième grand type est une version expérimentale (souvent en laboratoire) dit hacking biologique ou wetware. Il vise à influencer directement la biologie à un niveau cellulaire ou moléculaire, avec modification génétique, analyse personnelle d’ADN, culture de tissus… C’était juste pour information car, outre son accessibilité très restreinte, ce type d’interventions sur le corps peut soulever différents questionnements.

Mieux vaut, comme pour toute chose, rester « soft ».

Marion Kaplan et Myriam Marino

Notes :

1 – Hyper Santé, La méthode du moindre effort pour obtenir les performances, la santé et la longévité que vous voulez, Dave Asprey, Thierry Souccar Éditions, décembre 2025

2 - C’est la zone dite d’adaptation optimale, que le biohacking cherche à cultiver

vitamine D : D-Mulsion Forte (Vitamine D)


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