Notre relation à la nourriture : l’élément oublié

Quand j’étais petite, je ne me posais aucune question par rapport à ce que je mangeais. Je faisais une confiance aveugle à ma mère, à toutes les personnes de mon entourage familial, aux médecins, et aux professeurs. Je ne pouvais pas imaginer qu’on ne me donne pas ce qu’il fallait pour bien me nourrir ! Je mangeais donc avec un grand plaisir mes bons petits plats préparés quotidiennement, à base de bonne crème fraîche, de bon beurre, de bonnes pâtisseries, de bonnes pâtes au roquefort, mes petits déjeuners à base de café-au-lait tartine n’avaient pas encore subi l’attaque des nutritionnistes. Le médecin de famille m’avait sauvé la vie en me faisant opérer d’urgence d’une péritonite aigue, je lui vouais donc une confiance aveugle.

Pourtant, dès la puberté, les problèmes ont commencé : surpoids, constipation chronique, acné, migraines, rhume des foins, dépression, fatigue etc. je n’avais pas de maladie à proprement parler, mais suffisamment de malaises pour que ma vie devienne un enfer. Ma mère me disait que je faisais des comédies, que je devais moins m’écouter, et que tout était dans la tête. On me donnait des médicaments pour lutter contre mes allergies, des laxatifs pour aller à la selle, des crèmes pour mon acné, mais j’allais de plus en plus mal. C’est alors, que je me suis mise en chemin.

 

J’ai abordé dans des articles précédents, certaines grilles de lecture en rapport avec une nutrition tendant vers l’idéal.

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Mais, qu’en est-il de notre relation à la nourriture ?

« L’Homme sait comment aller sur la lune, mais il ne sait pas réellement ce qui se passe lorsqu’il mange une biscotte » Nous dit un médecin allemand le docteur Schmidt.

La nourriture a perdu le caractère d’innocence qu’elle avait dans le passé. Les scandales sanitaires de ces dernières années nous ont rendu méfiants. Le scandale de la vache folle, des poulets contaminés à la dioxine, l’épidémie dans les élevages du H1 N1, le Bisphénol A contenu dans les emballages alimentaires, notamment dans les biberons, et tellement d’autres, que nous ne savons plus quoi manger.

La science a « chosifié » le vivant

Si nous ne pouvons plus compter sur notre sagesse instinctive qui nous ferait choisir les aliments dont nous avons besoin en fonction de leur qualité, la Science est là pour nous enseigner quels devraient être nos besoins : nutriments, calories, protéines, vitamines, pourcentages quotidiens à ingérer si on ne veut pas mourir de carence etc. la nourriture est devenue un vrai puzzle inanimé. On parle du sucre, de la viande, des huiles, des céréales, sans se soucier ni de leur qualité, ni de leur origine. Pourtant, il y a un monde entre un animal élevé à la ferme, mangeant de l’herbe, une huile biologique pressée à froid, des céréales anciennes, biologiques et capables de germer et des céréales bourrées de sucre, d’acides gras trans, et une viande de bœuf issue d’élevage intensif ! Les aliments sont devenus des objets cotés en bourse. Les industriels se sont substitués à notre connaissance millénaire et à notre médecin. Les diktats alimentaires font foison : il faut manger trois produits laitiers par jour pour avoir de bons os, il faut manger des céréales au petit déjeuner pour être en forme, il faut faire trois repas par jour, il faut boire un jus d’orange le matin etc.

Et qu’en est-il de votre ressenti ? De votre faim ?

Nous ne sommes pas des machines carburant aux calories ! C’est ce qu’on voudrait nous faire croire, mais dans la pratique c’est une illusion. Pourquoi certaines personnes prennent du poids en mangeant certains aliments et d’autres non. Pourquoi certains peuvent manger en quantité importante, c’est-à-dire ingérer parfois 3000 calories sans prendre 1 g, alors qu’une assiette de carottes râpées ferait prendre 1 kg à d’autres ? Pourquoi dans certains pays pauvres, des agriculteurs sont capables de fournir de gros efforts,  avec une ration alimentaire très modique alors que d’autres mangeant ce que la science leur a conseillé, sont éternellement fatigués ?

Il n’y a pas d’organisme standard !

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Trop d’informations, tue l’information

On est face à un surchoix : surchoix d’informations, de points de vue, d’images, de doctrines médicales, de chapelles alimentaires, bref ces informations finissent par nous accabler. On ne sait plus à quel saint se vouer. Nos choix sont conditionnés par les publicités, par les croyances enfouies dans notre inconscient, par des gourous de l’alimentation qui foisonnent sur Internet, par le dernier régime à la mode…

– tu devrais essayer tel régime, c’est super !

– Tu devrais manger tout cru, c’est detox !

– tu devrais arrêter la viande, c’est bourré de toxines !

- Tu devrais essayer cette poudre, elle fait des miracles !

Or, résultat : des centaines de millions de personnes sont atteintes de diabète dans le monde ! Les cancers sont en augmentation fulgurante, et les maladies auto-immunes font partie de notre quotidien. La science nutritionnelle nous promettait la santé, alors qu’elle a généralisé l’excès d’une nourriture de mauvaise qualité qui ne nourrit pas comme elle devrait.

« On a inventé la nourriture en abondance qui donne faim et les boissons qui donnent soif » nous dit Joël Acremant !

Je ne connais personne en réelle bonne santé qui n’ait pas réformé son alimentation. Quand je parle de bonne santé je parle de quelqu’un qui n’aurait aucun malaise, aucuns symptômes désagréables, un poids stable, qui aurait une bonne digestion, un bon sommeil, de la vitalité, qui n’aurait pas de troubles du comportement et pas de maladie gérée par des médicaments.

Chose rare aujourd’hui ! Surtout si vous êtes nés à partir des années 80. Car les personnes âgées ont connu de meilleures conditions de vie et une nourriture naturellement plus saine dans leur jeunesse et elles ont donc un meilleur terrain et sont plus solides que les enfants issus de l’industrie alimentaire.

« Votre corps est un temple n’y fait pas entrer n’importe quoi. » nous disait le docteur Kousmine.

Déjà à l’époque, il y a une cinquantaine d’années, les précurseurs d’une bonne alimentation étaient considérés comme des marginaux hippies, des écolos défaitistes, des ennemis de la toute-puissante Science quand ce n’était pas des sectes. Aujourd’hui, c’est le consommateur qui ne veut plus se laisser faire. On vous traitera d’orthorexique si vous voulez manger bio et que vous déclarez que vous êtes intolérants au gluten ou aux produits laitiers. On vous dira que vous êtes victime d’une mode.

On ne vous écoutera pas quand vous direz que vous n’avez plus mal au ventre depuis que vous avez éliminé ces poisons. On lèvera les cieux au ciel quand vous déclarerez ne plus avoir de douleurs articulaires, de migraines, quand vous direz que vous n’êtes plus fatigués, que vous avez la patate, que vous êtes de meilleure humeur, bref que vous allez bien grâce à votre changement d’alimentation !

Il faut être courageux pour entreprendre un changement alimentaire

Notre entourage, la médecine, la société, nous encouragent à continuer de consommer comme tout le monde. Or, j’aborderai prochainement le thème du microbiote qui nous éclairera sur le fait que tout le monde ne peut pas manger la même chose

Vous devrez aller à l’essentiel pour devenir des mangeurs adultes, responsables, attentifs, mais sereins.

Vous devrez considérer que votre alimentation n’est pas quelque chose qui vous est extérieur. Vous devrez trouver les liens qui vous permettent de la faire vôtre.

Vous devrez vous libérer de la pression des marchands ambiants. Vous devrez faire des efforts car les solutions ne vous viendront pas toutes seules. Vous devrez vous affranchir des idées reçues pour former votre propre jugement. Vous devrez vous mettre intérieurement en activité, vous engager avec courage pour jeter en toute conscience un pont entre vous et votre alimentation.

« La nature n’est pas un grand magasin, mais un jardin en attente de la sagesse moderne des hommes », nous dit Joël Acremant.

Connais-toi toi-même ! Car nous sommes tous manipulés. Seule une démarche d’éveil de conscience, de discipline, et d’auto éducation pourra dénoncer la manipulation et le conditionnement dont nous sommes victimes depuis longtemps autant sur le plan de notre corps, de notre esprit, que de notre âme.

Marion Kaplan

Bibliographie :

Se nourrir aujourd’hui de Joël Acremant aux éditions Novalis

Ma relation à la nourriture de Joël Acremant aux éditions APMA www.apma.fr

Nutrition Consciente de Marion Kaplan aux éditions Grancher

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