Je mange responsable

Je voudrais compléter vos motivations personnelles en vous proposant quelques raisons susceptibles d’affermir votre envie de tenir sur la longueur et de faire de l’alimentation saine un vrai mode de vie. Des raisons qui vont au-delà de votre santé, votre bien-être et votre vitalité.

Je mange responsable

Le choix du bio

Lorsqu’une conversation évoque l’agriculture biologique, elle tourne rapidement à l’échange un peu vif de propos stéréotypés… li y a les “pour” et les “contre”, tous deux fermement campés sur leurs positions.

Les “contre” ont un argument imparable “l’agriculture biologique, ça n’existe pas, c’est un mythe entretenu par les écolos, que la réalité contredit… ça n’existe pas car il n’y a tout simplement plus aucune terre agricole qui ne soit pas polluée. Point. Toutes les exploitations soi-disant bio sont entourées de champs régulièrement arrosés de pesticides et d’engrais chimiques qui, on le sait bien, contaminent les terrains environnants à cause du ruissellement de l’eau.” Et ils l’affirment d’un air vainqueur, comme s’ils venaient d’emporter une victoire. En l’occurrence, ils ont raison. Mais… est-ce une raison pour en rajouter pendant et après la croissance des fruits et légumes? Et pour continuer à exploiter des terres, sans aucun respect des cultures ni des consommateurs? Est-ce parce que l’état et l’Europe ont largement subventionné l’agriculture intensive, qui détruit les terres agricoles et produit des cultures bas de gamme, qu’il faut se résigner? Certes, les exploitations biologiques souffrent de la proximité avec ces grandes exploitations qui polluent en toute conscience, mais elles ont raison de lutter. Et plus elles s’étendront, moins les terres seront polluées. Certes, les semences biologiques poussent dans des terrains qui peuvent être contaminés par le voisinage, mais en tout cas, elles ne recevront aucun additif de synthèse, pesticide ou engrais, puis aucun produit chimique de conservation. N’est-ce pas déjà un réel avantage pour le consommateur?

L’autre argument massue de ceux qui critiquent le bio, c’est que c’est plus cher. Et alors? N’êtes-vous pas prêt(e) à payer (un peu) plus cher des aliments qui vous font du bien, qui sont meilleurs au goût et donc que vous gâchez moins ? D’ailleurs, ce supplément est justifié par des pratiques plus onéreuses, comme le recours à la main-d’oeuvre humaine au lieu de machines, et le choix d’une culture non intensive.

Les terres se meurent

Les méthodes agricoles qui ont cours en France (et ailleurs), depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ont considérablement appauvri l’activité biologique, physique et chimique des sols, entraînant une baisse de qualité de notre alimentation. Autant l’eau et l’air sont protégés par un cadre européen strict, autant les sols sont peu étudiés. Pourtant, ils subissent une érosion et une désertification de plus en plus importantes depuis un siècle. C’est ainsi que, contrairement à ce que l’on croit, “la production française annuelle de céréales décroît régulièrement depuis les années 1980” (384 kg en 1984 contre 300 kg en 2010). D’ailleurs, tous les rendements agricoles baissent. C’est le résultat de l’usage des pesticides qui portent atteinte à l’activité des sols, en provoquant la disparition de l’humus (et des précieux micro-organismes qu’il contient), ainsi que son acidification et son érosion. Cet usage diminue aussi la concentration en oligo-éléments (le calcium, le magnésium et le fer) dans les sols et leurs cultures. Il faut y ajouter la spécialisation: “ le blé en Beauce, le porc en Bretagne, les forêts dans les Landes, etc. qui les appauvrit également “. Notre alimentation devient ainsi moins nutritive et moins variée. Aujourd’hui, l’agriculture intensive n’est ni plus ni moins que de la gestion de pathologies végétales “: les variétés à haut rendement sont devenues fragiles et nécessitent en permanence des batteries d’engrais, d’insecticides et de pesticides dont les sols souffrent Quant à vous, vous ne mangez que des plantes malades. L’épidémie d’obésité et la montée des allergies, ce n’est qu’un début. L’espérance de vie va chuter. “ Les vieux d’aujourd’hui ont été nourris aux produits bio, avant l’intensification agricole. Les jeunes générations n’auront pas ce capital.”

Source: Claude et Lydia Bourguignon du LAMS,

Laboratoire d’analyses microbiologiques des sols à Marey-sur-Tille,

interviewés dans Le Monde du 26 février 2008.

Du côté des « pour », les arguments ne manquent pas non plus. D’abord et avant tout, c’est meilleur pour la santé – si l’on ne confond pas le bio des supermarchés dont les critères sont moins exigeants, avec celui des magasins et des coopératives spécialisés qui sélectionnent les meilleurs producteurs. Ensuite, le bio c’est bon ! Faites le test de la carotte achetez une carotte de supermarché et une autre bio. La première est pâlotte, toute propre et bien calibrée. La seconde est orange vif, pleine de terre et elle a une forme… de carotte …pluchez-les et sentez-les. Je parie que la première n’a pas d’odeur. Ensuite croquez-les, sans les assaisonner. La première a une consistance mais pas de goût. La carotte bio est croquante, juteuse, goûteuse… En la mangeant, des souvenirs remontent du potager du grand-père et des carottes râpées qu’on vous servait étant enfant. C’est la même chose pour les autres légumes frais ou secs, les fruits et la viande. Car le bio concerne aussi l’élevage: des bêtes qui ne se nourrissent que d’aliments biologiques, qui passent une bonne partie de l’année en pâturage et qui sont soignées par des moyens naturels. Là encore, faites le test, par exemple avec une côte de porc dans l’échine bio ou une du supermarché!

carotte biologique

Une autre raison de favoriser le bio, c’est que son agriculture et son élevage sont respectueux de la nature et de l’environnement. Ils garantissent “le non-usage de produits chimiques de synthèse, le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures, l’éloignement biologique des animaux, un élevage extensif faisant appel aux médecines douces, le respect du bien-être animal, un respect global de l’environnement et des ressources disponibles en relançant la biodiversité “ (Association Colibris). La qualité des sols est améliorée. Les fruits et légumes sont cultivés dans le respect du rythme des saisons, et pour en profiter le mieux possible, je vous conseille de manger ceux qui sont produits dans votre région. Dans la Chine ancienne, il était conseillé de consommer les produits qui poussent “à portée de vue“, c’est-à-dire sous le même ciel et

dans le même environnement que vous. Donc en meilleure affinité vibratoire avec vous…

Le must du bio, c’est le label Demeter, du nom de la déesse grecque de l’agriculture et des moissons. Cette agriculture dite “biodynamique “ a des rendements plus bas – 20 % de moins environ – mais elle respecte les relations intimes qui agissent entre les différents règnes de la nature.

Elle utilise des substances dynamisées qui améliorent la qualité de vie du sol et donc des plantes qui y poussent. Et elle tient également compte des rythmes planétaires – en particulier celui de la Lune.

La production bio en France

“Avec 4,17 milliards d’euros, la production biologique représente 2,4% du marché alimentaire français.”

“Fin 2012, on répertoriait 24425 exploitations agricoles engagées en agriculture biologique, soit une augmentation de 5,6 % par rapport à 2011 (1 290 exploitations de plus) o˘ les exploitations bio représentaient 4,7% des exploitations agricoles en France.”

“La superficie en mode de production biologique était de 1 032 941 hectares, dont 855 644 hectares certifiés biologiques et 177 297 hectares en conversion (17 % du total). Quant aux surfaces cultivées en bio, elles représentaient fin 2012 plus de 3,7 % de la surface agricole de France.”

Source :Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, 2012.

 

L’écolo attitude

L’écologie s’attache à protéger l’environnement. Elle est la grande soeur du biologique. C’est aussi un état d’esprit qui peut changer – et sauver – le monde…

biologique

Dans le domaine de l’alimentation, le comportement écologique consiste à préférer les denrées sans emballage ou avec un emballage recyclable – c’est le grand retour du cabas à commissions et des achats en vrac! On connaît la catastrophe écologique provoquée par les sacs en plastique qui, en ce moment même, s’agglomèrent entre autres dans le nord de l’océan Pacifique, au point de former ce qu’on appelle le septième continent, grand comme six fois la France et épais d’une trentaine de mètres!

C’est une véritable catastrophe pour la faune et la flore océaniques, dont l’homme et la société de consommation sont directement responsables.

Rappelez-vous tous ces sacs que vous avez utilisés, sans penser à mal, pour vos propres courses…

L’écologie préconise aussi d’acheter des produits régionaux pour limiter les transports, très coûteux en énergie et très polluants, et pour raccourcir le temps de stockage – une garantie d’avoir des produits plus frais.

C’est un non-sens, par exemple, d’acheter des fruits biologiques importés d’Amérique du Sud, à grands frais par avion, par bateau, puis par camion,

Et qui arrivent forcément moins frais, ou qui sont cueillis moins mûrs pour se conserver plus longtemps.

Enfin, l’écologie recommande fortement l’agriculture traditionnelle et l’agriculture biologique, les seules qui soient respectueuses des sols, de la flore, de la faune et par conséquent de l’être humain…

Pour ceux qu’on aime

Le biologique et l’écologique doivent devenir des (bons) virus que vous l’inoculez aux membres de votre famille, comme une preuve d’amour. Et dans ce domaine, l’exemple est le seul vecteur de transmission valable. La théorie commence à être enseignée à l’école, on peut la découvrir certains livres, émissions de télévision ou articles de journaux. Mais rien ne vaut les travaux pratiques, par imitation des personnes qu’on côtoie. Alors, soyez écolo et soyez bio, parlez-en à vos enfants et à vos familiers, montrez-leur que vous y croyez. Vos petits gestes du quotidien feront toute la différence.

La conscience écologique, ça s’apprend!

Rien qu’en cuisinant bio dans l’esprit écolo, vous constaterez avec étonnement la façon dont vos déchets vont diminuer : en achetant des produits frais, vous ne jetez presque plus d’emballages et de boîtes de conserve; en renonçant aux sodas et autres boissons artificielles, et en pressant des fruits frais, vous vous libérez des bouteilles et des boîtes… Et pour peu que ayez un bout de jardin, vous pouvez composter vos épluchures. Et ainsi, vous allez sortir les poubelles deux fois moins souvent.

Le bio à la maison

« La consommation de produits biologiques s’est élevée à 4 milliards d’euros TTC en 2012. Elle a doublé par rapport à 2007 (2 milliards d’euros). La part de marché des produits bio est plus ou moins importante suivant les secteurs. Elle est proche de 15 % s’agissant des oeufs et de 9 % pour le lait. Elle atteint près de 6% pour les 14 fruits et légumes les plus consommés en France. Entre 2011 et 2012, les achats par le consommateur final ont progressé de 6,6 % en valeur, en moyenne tous produits et tous circuits confondus. Les prix ont été relativement stables. »

« Les achats de produits ou ingrédients bio en restauration collective ont atteint 169 millions d’euros (HT) en 2012, en augmentation de 7 % par rapport à 2011. »

« L’ensemble porte la consommation totale de produits bio à plus de 4,17 milliards d’euros (non compris les achats effectués dans le cadre de la restauration commerciale qui s’implique de plus en plus).

« C’est un marché en augmentation dans tous les secteurs de produits:

- de 2007 à 2012, le marché a doublé, tous secteurs et circuits confondus;

- de 2007 à 2012, les ventes de produits traiteurs et surgelés ont triplé et celles de produits d’épicerie et autres boissons ont été multipliées par 2,4. Les ventes de vins ont été multipliées par 1,6 et celles de pain et farine par 1,3. “

 Source: Agence française pour le développement

 et la promotion de l’agriculture biologique, 2012.

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