Une protéine miracle : le lupin

Une protéine miracle : le lupin

Les protéines sont essentielles pour la construction et l’entretien de notre corps. Elles contribuent à la fabrication de nos muscles, de nos os, de nos cheveux, de notre peau, de nos ongles etc. Sans elles, pas d’hormones, d’enzymes ni d’anticorps.

Le problème, c’est que d’un point de vue biochimique, ce sont de grosses molécules formées de longues chaînes d’acides aminés. Qu’elles soient d’origine bactériennes, végétales ou animales, les protéines sont constituées à partir d’un groupe de 20 acides aminés complexes. Plus une chaîne est longue plus elle est compliquée à assimiler.

 

À quoi servent les protéines ?

 

Elles sont sources d’énergie, mais ce sont surtout des matériaux de base de notre organisme que ce soit au niveau cellulaire, organique, tissulaire. Elles fournissent des substances vitales comme les enzymes, les hormones, les anticorps, mais aussi les neurotransmetteurs si importants pour notre bonne santé mentale.

La nature est généreuse car nous sommes capables de produire nous-mêmes 16 acides aminés à partir d’autres nutriments.

Seulement, nous sommes dépendants d’apports extérieurs pour les 8 autres acides aminés. Ils sont dits indispensables. Vous les énumérer ne servirait à rien. En revanche, il faut comprendre que même si un aliment contient de nombreux acides aminés ce n’est pas pour autant que nous allons les assimiler. Il y a ce qu’on appelle un polymorphisme des protéines. C’est-à-dire que nous sommes génétiquement programmés pour plus ou moins bien les assimiler. Certaines personnes peuvent ne consommer que des protéines végétales et être vegan alors que ce pourrait être une catastrophe pour d’autres.

Nul n’est égal en nutrition.

 

oeufs

Nos besoins sont quotidiens

 

En effet, nos tissus se renouvellent en permanence et ont besoin d’environ 70 g de protéines par jour. Pour absorber 60 à 70 g il faut consommer plus de 300 g de protéines, car il y a de nombreux déchets et résidus qui ne sont pas absorbés.

Si vous êtes sportifs et que vous faites des efforts physiques intenses et prolongés vous aurez besoin d’un apport supplémentaire.

 

Qualité nutritionnelle d’une protéine

 

Une protéine doit contenir tous les acides aminés indispensables sans déficit. L’albumine de l’œuf a longtemps été considérée comme la protéine idéale. Mais chacun doit tenir compte de ses intolérances, des facteurs limitants et de sa capacité d’absorption.

En effet la digestibilité d’une protéine dépend de sa structure, des transformations qu’elle a subies, de sa richesse en fibres et en polyphénols et des facteurs antinutritionnels comme l’acide phytique, généré par la plante pour se protéger des insectes et que l’on retrouve dans le soja, les céréales comme le blé et d’autres légumineuses. De plus, si vous ne mastiquez pas suffisamment, vous pouvez être en carence protéiques !

Les protéines animales sont les plus digestes et les mieux absorbées, alors que celles des céréales et légumineuses le sont beaucoup moins. De plus, les protéines végétales ne contiennent pas l’ensemble des acides aminés essentiels et doivent être associées. Seulement cette association sera toujours au niveau de l’acide aminé le plus faible et il y a donc beaucoup de déchets et de gâchis nutritionnels.

 

La carence en protéines

 

Si vous ne consommez pas suffisamment de protéines de qualité, l’organisme va devoir puiser dans ses propres ressources, comme les muscles, avant d’attaquer le cerveau. Nous ne savons pas les stocker et nous en avons besoin en permanence. Les personnes âgées ont tendance à moins en consommer et surtout à mal mastiquer ce qui peut entraîner des carences graves. Sachez qu’il suffit d’être carencé en un seul acide aminé essentiel pour avoir à terme les effets délétères d’une carence totale en protéines.

Les conséquences d’une carence peuvent être une fatigue chronique une baisse de la vue des déficiences immunitaires avec des infections à répétition, une baisse de l’acuité visuelle, de l’ostéoporose etc.

Il ne s’agit pas non plus de se gaver de viandes ! Vous devrez varier votre consommation en prenant des œufs, du poisson, des coquillages, mais aussi associer des légumineuses avec des céréales toujours accompagnées d’une grande quantité de légumes vapeur apportant des fibres et des polyphénols si utiles à votre microbiote.

Il vaut mieux ne pas consommer de viande si elle n’est pas issue de l’agriculture biologique, élevée à l’herbage sans céréales et sans tourteaux. N’oubliez pas que les mammifères que nous consommons sont tous herbivores et non pas granivores et qu’ils doivent être élevés loin des champs contenant du glyphosate qui est un antibiotique, donc toxique pour la terre et votre microbiote.

 

Un trésor alimentaire et agroalimentaire occulté : le lupin

 

Nombreux sont d’entre vous qui se sont tournés vers le végétarisme ou le veganisme, car nous vivons une douloureuse remise en question au niveau de l’élevage des animaux élevés de façon inhumaine tant au niveau de leur alimentation que de leurs conditions d’élevage et d’abattage. Cependant les cultures sont sujettes à de dangereuses contaminations d’engrais chimiques et de manipulations génétiques entraînant une crise agricole sans commune mesure.

 

C’est après 1945 que les États-Unis ayant sauvés la France, ont imposé à notre agriculture leur modèle d’alimentation. On voit ce que cela a donné aujourd’hui : des épidémies d’obésité, de diabète, de maladies auto-immunes sont la conséquence de ce modèle. Ils ont laissé nos terroirs se couvrir de maïs mais interdirent les protéagineux pouvant concurrencer le soja. Toute volonté de sortir de cette dépendance, nous dit Philippe Desbrosses, a fait aussitôt l’objet d’un rappel à l’ordre musclé.

Il y a plus de 20 ans, que Philippe Desbrosses, alors jeune agriculteur possédant une ferme expérimentale, découvrit « la plante d’or des sables » ainsi nommée le lupin. Séduit par les qualités énergétiques de la plante il se mit à la recherche de graines. Mais l’importation du lupin était interdite en France. Grâce à un ami allemand il ramena illégalement des graines en France.

Il choisit une partie de sa terre la plus pauvre et la plus désolée pour cultiver une parcelle de 53 ha de lupin. Quelques mois après le terrain était couvert de magnifiques pousses de 1,20 m et la récolte s’effectua dans une grande jovialité. Seul souci c’est que ce lupin était amer et contenait de la lupuline, alcaloïde plus ou moins toxique pour les consommateurs animaux ou humains. Il s’en servit alors d’engrais. C’est bien plus tard que Philippe Desbrosses finit par trouver des graines exemptes d’alcaloïdes. Il en fit son sujet de thèse de doctorat ès sciences en 1987 à l’université de Paris VII et il ne cesse de cultiver cette plante depuis 1975.

Une équipe Italo suisse allemande a résolu le problème de l’amertume et de la toxicité en mettant au point un procédé d’extraction à froid très efficace et peu coûteux nommé procédé Mittex . De plus, les substances amères rejetées s’avèrent posséder d’excellentes propriétés fertilisantes et phytosanitaires permettant d’augmenter le rendement des cultures de tomates, de pommes de terre ou autre.

 

lupin

Le lupin est plus riche en protéines que le soja

 

Le lupin était déjà connu des Égyptiens et des Mayas. C’est une légumineuse au même titre que les pois, les fèves et le soja. Au départ il était réservé au bétail mais grâce à des ingénieurs agronomes, il a été adapté à l’alimentation humaine. Très riche en protéines (39%) et en graisses de bonne qualité (13% d’oméga 3 et d’oméga 6), il n’absorbe quasiment pas les pesticides. De couleur jaune, c’est une réserve de fibres et de minéraux (sélénium, cuivre, magnésium, fer, calcium, phosphore, potassium, manganèse et zinc). Il est également riche en vitamines A, B et C. C’est donc une alternative intéressante pour remplacer les protéines animales dans le cas d’un régime végétarien.

Carencé cependant en protéines soufrées, il faudra complémenter en céréales pour être complet. Il fera également le bonheur des intolérants au gluten.

Sa digestibilité est excellente. Il ne contiendrait pas d’anti nutriments comme c’est le cas dans le soja. D’après plusieurs études sa consommation régulière préviendrait de l’hypertension et réduirait le niveau de cholestérol. Son index glycémique bas permet aux diabétiques de le consommer. De plus, sa richesse en tocophérol, antioxydant majeur, le lupin pourrait lutter contre le diabète de type 2 pourrait prévenir les cancers du colon grâce à sa richesse en fibres.

En cuisine, il a une très bonne capacité émulsifiante et les vegan l’utilisent pour remplacer les œufs et réussir des cakes et des mayonnaises végétales.

Vous verrez certainement bientôt apparaître des yaourts au lupin, des crèmes glacées ou des laits qui remplaceront joyeusement le lait de soja si décrié.

 

Nous ferons prochainement des préparations à base de farine de lupin sur notre site 95°.

 

Lupin contre soja : un avenir prometteur

 

Le lupin pourrait diminuer nos importations de soja américain pour l’alimentation du bétail en particulier. Il pourrait également diminuer notre consommation agricole en engrais chimiques et en produits phytosanitaires. Outre l’aspect de cette guerre des OGM on comprend les barrages mis en place depuis une vingtaine d’années face à cette opportunité de cultiver sur le sol français du lupin. Les puissants lobbys internationaux au nom du libre-échange commercial, interdisent la production et la vente de lupin et tiennent nos politiques sous leur joug.

« Le lobby soja, nous dit Philippe Desbrosses, est suffisamment implanté à Bruxelles pour être en mesure de freiner voire bloquer les dossiers protéines et décourager les acteurs du lupin. Petite anecdote : ce même lobby avait fait circuler en 1984 une rumeur dans les campagnes laissant croire que neuf truies avait péri empoisonnées par du lupin. Lorsque l’information a été démentie, elle avait déjà trouvé écho auprès de nombreux fermiers et court encore… » Le lupin est passé aux oubliettes…

Vous imaginez aujourd’hui l’impact des fake news sur Internet ! Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…

 

 

Le lupin : une solution pour l’indépendance alimentaire

 

Non seulement il capte l’azote de l’air et le synthétise dans le sol mais en plus il permet aux pays pauvres de valoriser des sols acides où pratiquement rien ne pousse. Face aux apprentis sorciers des OGM qui promettent des solutions mirobolantes contre la faim dans le monde, alors qu’aux Indes des paysans se suicident ou vendent pour rien leur exploitation après avoir écouté le chant des sirènes américaines, le Chili et le Pérou utilisent le lupin sous forme de biscuits pour l’alimentation. Il est également largement utilisé en Australie et nous en avons même vu en Hongrie.

En France, nous avons perdu beaucoup de temps et pris beaucoup de retard pour rejoindre rapidement nos marges de sécurité alimentaire. Il faudrait mettre en culture près de 1 million d’hectares de lupin !

A vous consommateurs de créer la demande !

 

 

Marion Kaplan

 

Sources de mon ami Philippe Desbrosses qui va organiser un congrès international du Lupin à Millançay à côté de Romorantin, le week-end de la Saint-Jean, le 23 et 24 juin 2018. Vous pourrez trouver de nombreuses informations sur le lupin avec des intervenants de plusieurs pays producteurs utilisateur comme la Russie, la Pologne, l’Allemagne, le Portugal, le Chili, le Pérou et l’Australie.

www.intelligenceverte.org

 

www.bleu-blanc-coeur.org

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