Mieux comprendre son organisme : Quels tests effectuer ?

Mieux comprendre son organisme : Quels tests effectuer ?

Nous vous proposons ici une liste de tests métaboliques permettant de mieux comprendre notre organisme. Nous avons réalisé la plupart d’entre eux, dans le cadre de ce livre, afin de mieux appréhender notre santé et notre alimentation. Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et il est nécessaire d’être accompagné par un médecin. De même, il n’est pas nécessaire de faire tous ces tests pour commencer à prendre soin de son microbiote !

Intolérance au gluten/maladie cœliaque, faire le bon diagnostic

 

Avant de réduire ou d’arrêter de manger du gluten, il est important d’éliminer le diagnostic de maladie cœliaque, une maladie auto-immune nécessitant un suivi médical régulier. Nombreux sont celles et ceux qui arrêtent brutalement de consommer du gluten pour voir leurs symptômes digestifs disparaître rapidement mais, comme nous vous l’expliquons dans ce livre, les choses sont un peu plus complexes que cela. La première étape consiste à vérifier que vous ne souffrez pas de la maladie cœliaque et, pour passer les tests, vous devez avoir consommé du gluten sur une période prolongée afin de ne pas fausser les résultats. Alors, si vous souhaitez démarrer la phase 1, sans gluten et sans céréales, proposée dans ce livre, et que vous avez un doute sur votre intolérance au gluten, commencez par pratiquer les tests avant de stopper sa consommation. Le protocole reconnu et recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) consiste à réaliser un test sanguin puis une biopsie intestinale (via une endoscopie).

Avec le test sanguin, le médecin vérifie votre taux de tTG (anti·ransglutaminase) IgA, qui pourra être complété, en cas de doute par le taux de vos IgA totales ou tTG IgG (antit-tranglutorntnose). Si votre test sanguin est positif, une biopsie sera demandée pour vérifier l’atteinte des villosités de votre intestin grêle.

 

NOTE: ces tests sont pris en charge par la Sécurité sociale.

 

Les tests génétiques – HLA

 

Des gènes spécifiques ont été identifiés pour certaines maladies et tester leur présence peut indiquer un facteur de risque u confirmer un diagnostic. Si vous êtes porteur de ces gènes, vous avez plus de chance de développer la maladie mais rassurez-vous, ce n’est pas parce que vous êtes porteur des gènes que vous allez nécessairement développer la maladie. Par exemple, pour la maladie cœliaque, on recherche les gènes HLA-02 ou HLA-D08. Pour la spondylarthrite ankylosante, c’est le HLA-B27 (on le retrouve dans 90 % des patients souffrant de cette maladie), ou encore les groupes HLA-DR3 ou HLA-DR4 pour le diabète de type 1.

 

NOTE : ces tests peuvent être pris en charge par certaines mutuelles, renseignez-vous.

Les tests par IgG d’intolérances alimentaires (de type Imupro)

 

Ces tests proposés par certains laboratoires recherchent les anticorps IgG (et non les IgE comme dans le cas des allergies) pour chaque aliment testé. Ils ne sont pas reconnus par l’Académie européenne d’allergologie et d’immunologie clinique et -e constituent pas une recherche de perméabilité intestinale. Il est reconnu uniquement qu’un test positif à un aliment est un indicateur de la tolérance immunologique à l’aliment. Pour les allergies alimentaires, seuls des tests cutanés, un bilan sanguin et l’étude de l’historique du patient voire des tests de provocation orale réalisés avec un médecin allergologue permettent de diagnostiquer une allergie alimentaire.

 

NOTE: souvent onéreux, ces tests ne sont pas remboursés.

 

Les tests respiratoires en gastro-entérologie – SIBO breath test

 

Encore peu pratiqués, ces tests, à l’hydrogène expiré, sont bien reconnus et pratiqués notamment par des gastro-entérologues pour détecter une malabsorption du lactose ou d’autres sucres comme le fructose et mesurent l’apparition d’un SIBO (Small Intestine Bacterial Overgrowth ou Prolifération bactérienne de l’intestin grêle). Le test consiste, après 24 heures d’un régime préparatoire spécifique, à faire une mesure à jeun en soufflant dans un appareil, à relever les valeurs de référence puis à avaler une solution composée d’un sucre (lactulose, fructose … selon ce qui est recherché), puis de mesurer, environ deux heures plus tard, en soufflant à nouveau dans l’appareil, les gaz et autres composés organiques volatils sécrétés par nos bactéries intestinales. L’hydrogène n’est pas produit par l’être humain à jeun, seulement par les bactéries de notre colon. Si notre taux d’hydrogène est supérieur à 20 ppm, le SIBO peut être confirmé. Certains médecins considèrent également le taux de méthane ou le méthyl-acétate qui indiquerait un problème de mauvaise vidange de l’estomac (gastroparésie). Avec le test du fructose, vous aurez une indication de malabsorption ou d’intolérance à ce sucre et pourrez considérer ainsi un régime sans FODMAPs pendant une période donnée.

 

NOTE : réalisé chez un médecin, le test peut être en partie pris en charge par la Sécurité sociale.

 

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Des marqueurs importants

 

La CRP ultrasensible – protéine C réactive

 

Biomarqueur de l’inflammation, elle permet de détecter un état général inflammatoire. Un taux élevé de CRP indique un état inflammatoire supérieur à la normale. Cet état inflammatoire systémique est la base de la plupart des maladies chroniques notamment les maladies cardiovasculaires neurodégénératives, métaboliques ou encore les cancers. Ce test est souvent prescrit pour évaluer les risques cardiovasculaires.

 

La vitamine D

 

La plupart d’entre nous sommes carencés en vitamine D. Elle est synthétisée grâce aux rayons du soleil et joue un rôle essentiel dans l’absorption du calcium et du phosphore.

 

NOTE : sauf dans certains cas comme une suspicion de rachitisme, d’ostéomalacie ou encore chez les personnes âgées sujettes aux chutes répétées, le dosage de la vitamine D n’est plus remboursé par la Sécurité sociale.

 

Le profil des acides gras érythrocytaires

 

Il est intéressant de connaître son profil d’acides gras (oméga- 3, o_mega-6, ~méga-7, oméga-9, saturés, trans et le rapport om~ga-3/omega-6). La perturbation des taux d’acides gras reflète une alimentation déséquilibrée et un métabolisme altéré, facteur de risque de maladies chroniques. Le rapport omega-3/omega-6 est un marqueur de l’inflammation qui favorise le développement de maladies chroniques et de cancer. Les études montrent qu’en Occident, nous sommes presque tous en excès d’oméga-6. C’est l’une des raisons pour lesquelles toutes les maladies qui se nourrissent d’inflammation (arthrite, allergies, troubles cardiaques, Alzheimer, dépression et cancer) sont en augmentation constante dans nos pays occidentaux. Si votre rapport est supérieur à 10, il sera important de réviser votre alimentation pour rétablir un équilibre.

 

Le zinc

 

Nous sommes souvent carencés en zinc. Il intervient dans de nombreux processus métaboliques, notamment les défenses antioxydantes. On peut aussi perdre du zinc dans le cadre de certaines maladies comme le diabète, la maladie cœliaque, la cirrhose du foie et les maladies inflammatoires de l’intestin.

 

Le sélénium

 

Il intervient notamment dans les défenses antioxydantes et la capture de l’iode, importante pour l’action des hormones thyro Ï diennes.

 

L’homocystéine

 

Son dosage peut vous être demandé pour évaluer l’existence d’une carence en vitamine B9 ou B12, mais surtout un risque de maladies cardiovasculaires.

 

La vitamine A (rétinol)

 

Elle est indispensable à l’activité de la vitamine D, de certains acides gras et des hormones thyroïdiennes. Elle a également une action antioxydante importante. Une carence en vitamine A peut avoir des conséquences graves sur notre organisme.

 

Les anticorps anti-LDL-oxydés

 

Ils permettraient d’identifier, notamment chez les sujets âgés, les hauts risques cardiovasculaires, l’apparition et la progression de lésions d’athérosclérose.

 

 

Les indices HOMA et QUICKI

 

Calculés à partir de l’insulinémie et de la glycémie à jeun, ces indices permettent d’évaluer le risque de résistance à l’insuline (HOMA) et de sensibilité à l’insuline (QUICKI).

 

La 8-hydroxy-guanosine

 

Biomarqueur du stress oxydatif, elle est considérée comme un indicateur de vieillissement et de risque carcinologique.

 

Le statut martial – fer

 

Ce bilan consiste à doser la ferritine, la transferrine et à évaluer la biodisponibilité du fer dans notre organisme. Il permet de diagnostiquer des carences ou surcharges en fer, mais aussi de surveiller l’efficacité des supplémentations en fer, notamment en cas d’anémie.

 

Le magnésium

 

On reconnaît souvent sa carence à l’apparition de petits spasmes musculaires (comme notre pupille qui tressaute) et une grande fatigue, mais il joue également un rôle essentiel dans la prévention des dysfonctionnements de l’insuline.

 

magnésium

 

Les dosages de la TSH, T 4, T3 et de l’iode

 

Ces dosages permettent d’apprécier l’activité de la thyroïde.

 

La vitamine B12

 

Elle participe à de nombreux processus métaboliques, notamment la synthèse de nos neuromédiateurs et à maintenir l’intégrité de notre système nerveux. On la teste souvent dans le cas de grande fatigue, d’anémie, de troubles neurologiques et de la maladie cœliaque.

 

Le CMP

 

C’est un bilan qui permet d’évaluer le fonctionnement de nos organes comme le rein et le foie pour évaluer un risque de diabète, de maladie hépatique ou rénale.

 

Le niveau de graisses dans les selles

 

Il permet d’évaluer une malabsorption, une atrophie de la muqueuse intestinale notamment en cas de maladie coeliaque, une insuffisance de sécrétions pancréatiques ou en sels biliaires.

 

 

Bilan des acides gras à chaîne courte.

Réalisé à partir des urines, le dosage de acides gras à chaîne courte (isobutyrate, isavalérate, acétate, propionate, butyrate, lactate, formate) donne de bons indicateurs de l’intégrité de l’intestin, des risques d’inflammation chroniques, de surpoids, de syndrome métabolique, de diabète, de stéatose du foie pour prévenir des maladie inflammatoires et métaboliques.

 

La LPS (réalisée à partir du plasma sanguin)

Recommandé par les docteurs Nataf et Perlmutter que nous avons rencontrés, ce dosage recherche un état inflammatoire de la muqueuse intestinale. Le lipopolysacchariede (LPS) est un composant de la face externe de la membrane externe des bactéries digestives à gram négatif qui finissent par passer dans le circuit sanguin quand les jonctions serrées de l’intestin sont trop ouvertes.

 

La zonuline

 

Régulatrice des jonctions serrées, la zonuline serait à présent considérée comme un bon biomarqueur pour identifier une perméabilité intestinale. Une augmentation du taux de zonuline est notamment retrouvée en cas de maladie coeliaque.        

 

Le bilan du cortisol salivaire

Le cortisol est l’hormone qui nous réveille, nous permet d’être attentifs, concentrés et vigilants, mais un excès de cette hormone entraine stress, anxiété, perturbation du métabolisme du glucose, de l’insuline et du cholestérol, et à long terme une prise de poids importante, du diabète, de l’hypertension, un épuisement de nos glandes surrénales, des maladies neurodégénératives et immunitaires.

Le test consiste à doser le cortisol présent dans la salive au réveil puis à quatre moments précis de la journée. Associée au stress, certains chercheurs au Canada préconisent même de réaliser ce test en entreprise pour évaluer les risques de maladies professionnelles liées au stress, en prévention des burn-out.

 

Le métabolome urinaire – une révolution à venir

 

Le métabolome (fusion des termes métabolisme et génome) est composé des substances fabriquéesnpar nos bactéries intestinales à partir des aliments que nous ingérons. Cela fait plus de 3 000 ans que l’être humain analyse l’urine à visée médicale. La recherche en la matière a permis d’analyser les milliers de composés chimiques (métabolites) présents dans nos urines et d’y voir des implications importantes en termes de diagnostic, de dépistage et de prévention. C’est grâce à une équipe de chercheurs canadiens qu’est née une base de données accessible à tous : The Metabolome Database10, qui détaille plus de 3 000 métabolites. L’étude du métabolome peut révéler des informations clés sur notre alimentation, notre exposition environnementale ainsi que sur le fonctionnement de notre métabolisme. Ces centaines de nouveaux biomarqueurs pourront amener à une nouvelle génération de tests.

 

Le bilan du microbiote intestinal

 

Il est à présent possible de faire un bilan de son microbiote intestinal grâce à un test de selles sur l’ADN bactérien permettant à la fois d’identifier et de classifier les différents micro-organismes qui le composent, de rechercher des bactéries pathogènes et d’analyser l’immunité intestinale.

Déjà disponible dans d’autres pays tels que les États-Unis ou la Belgique, ce test n’est pas encore réalisé par des laboratoires français.

 

Il n’est pas obligatoire de pratiquer ce test pour commencer à travailler sur son microbiote.

Nous connaissons les facteurs qui influent, perturbent et appauvrissent notre microbiote dans notre vie occidentale : sucres et céréales raffinées, excès de protéines animales, manque cruel de fibres, stress, sédentarité, prise irraisonnée d’antibiotiques … Ainsi, nous pouvons agir par l’alimentation, la gestion du stress et l’activité physique. Nous n’en sommes qu’au début de l’exploration de notre microbiote et de la découverte des rôles que jouent toutes nos bactéries, c’est pourquoi ces analyses ont des limites mais elles peuvent être réalisées, comme nous l’avons fait, par curiosité ou dans le cadre d’une maladie chronique face à un échec de la prise en charge nutritionnelle.

 

On peut alors :

 

Connaître son profil et sa biodiversité et vérifier ainsi un éventuel appauvrissement de son microbiote.

 

Apprendre à connaître les populations de ses bactéries amies : Lactobaci/les, Bifidobactéries, Akkermansia, Prevotella …

 

 

Identifier les bactéries potentiellement pathogènes qui peuvent se développer en cas d’appauvrissement de la flore intestinale, après une prise d’antibiotiques ou après une gastro-entérite. Par exemple, le Campylobacter qui trouve son origine dans la viande mal cuite, I’ Escherichia coti, souvent sans danger mais qui, en proliférant, peut provoquer des diarrhées sanguinolentes avec anémie, les salmonelles ou encore le Clostridium difficile, susceptible de provoquer des diarrhées liquides et des douleurs abdominales qui peuvent durer des années et ne peut se soigner efficacement que par la transplantation fécale.

Connaître le rapport entre les Firmicutes et bactéries majoritaires de notre microbiote. Les Firmicutes sont associées à l’absorption des calories et des graisses. En trop grand nombre, elles seraient liées à une augmentation du risque d’obésité et de diabète. Les Bacteroidetes aident à la digestion des molécules complexes provenant notamment des fibres végétales comme les oligosaccharides et produisent des composants bénéfiques à notre santé comme l‘acide gras à chaine courte, le butyrate, réduisent nos risques de maladies inflammatoires et métaboliques. Il vous faudra être accompagnés par un médecin qui saura interpréter les résultats de ce bilan et vous conseiller ensuite sur les actions a mener pour rééquilibrer votre flore. Certains laboratoires aux Etats-Unis notamment vont plus loin en donnant directement les conseils à suivre.

 

Article extrait du livre Powerbiotique, Marion Kaplan et Alma Rota, aux éditions Trédaniel.

 

Pour en savoir plus sur où pratiquer ces analyses ainsi que des conseils pour nourrir votre microbiote, tout se trouve dans le livre Powerbiotique :

 

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